« FLASH BACK » – AMORT – Les Officiels

« FLASH BACK »

Parce que toutes les histoires ont leur propre histoire…

 

AMORT – Les Officiels

Tout a commencé en été 2013.

 

Ma situation : 25 ans, 3 ans de mariage, insomniaque, obèse, floue.

Je me souviens que je me raccrochais à mes innombrables lectures pour me sentir vivante. Ne serait-ce que pour éprouver des émotions…

Eh oui ! Moi. Marie Faucheux. « La grande blonde qui rigole tout le temps ». Éteinte.

 

Ce fameux programme AMORT…

Je ne compte plus le nombre de fois où l’on m’a demandé où j’ai pu dénicher une telle idée.

Je n’ai cependant jamais su comment répondre sans trop me livrer.

Aujourd’hui, je lève le voile sur cette ancienne vie sinueuse, parce que personne n’est dupe. Je n’aurais jamais pu traiter le thème de l’emprise de cette façon sans l’avoir vécu.

 

Ce passé est révolu. Si bien que j’ai l’impression que ces 7 années de « vie » commune avec mon ex-mari n’ont jamais vraiment existées. Ces lointains souvenirs sont enfouis dans un brouillard si épais qu’ils m’apparaissent comme une forme de vie antérieure.
Mais je me souviens.

 

Je me souviens que je me sentais oppressée par cet homme si apprécié par nos familles respectives et notre entourage. Lui qui était si gentil, si prévenant, si dévoué… « la perle rare » !

Et pourtant, il n’y avait plus de place pour moi dans ma propre vie. J’étais devenue sa chose sans que je ne m’en rende compte. En privé, ses critiques incessantes ne faisaient qu’alimenter mon manque de confiance en moi. Il était plus âgé. Il savait tout mieux que moi. Je devais me sentir honteuse de voir les choses autrement. Mes amis étaient tout aussi minables à ses yeux. L’isolement s’est fait progressivement. À partir de la fin de mes études, je n’ai rien vu venir.

Pas mal de proches ont tenté de me mettre en garde, mais il n’y avait rien à faire. J’étais enrôlée dans son petit jeu malsain. J’ai donc cessé de rire, de sourire, de rêver et d’aimer. Sans crier gare. Je faisais ce que l’on attendait de moi pour éviter d’avoir des reproches ou de supporter ses silences destructeurs. Il s’était bien sûr assuré que toute ma vie dépende de lui : famille, amis, travail, finances, projets, maison…

 

Mais la vie est bien faite. Quand l’esprit résiste, le corps prend le relais. J’ai enchaîné des tas de soucis de santé. J’ai pris énormément de poids. Puis je ne supportais plus son odeur. Si bien que dormir à côté de lui représentait un supplice.

 

L’idée du programme AMORT s’est immiscée là. Après avoir subi un énième sermon sur le fait que je souriais trop avec nos clients. Je me suis demandé s’il m’aimait pour ce que j’étais vraiment ou si c’était autre chose.

J’ai alors imaginé ce programme de réalité virtuelle. Il me trouvait tellement parfaite sur le plan physique, même une fois obèse, à croire que je gonflais pour qu’il me repousse. Je me suis interrogé si, sous une autre enveloppe corporelle, il me reconnaîtrait et s’il se montrerait tout aussi séduit par ma personnalité. Car il était clair qu’avec toutes ces critiques incessantes, je n’étais pas à la hauteur de ses espérances.

Puis je me suis demandé la même chose en retour. Est-ce que je serais attirée par lui ? La question me paraissait absurde. C’est alors que j’ai réalisé que je ne l’aimais pas. Que j’étais avec lui parce que c’était ce qu’il attendait de moi. Que j’étais sa prisonnière.

Je rêvais qu’il me trompe, qu’il me quitte, qu’il me violente, voire pire, pour me sortir de ce piège. Sinon, comment justifier auprès de nos proches à quel point j’étouffais à ses côtés ? Avec cet homme si irréprochable ? Comment expliquer que les seuls moments où je me sentais en paix, c’était durant les rares moments où il ne m’imposait pas sa présence ou ses coups de téléphone ? Et dire qu’il se sentait même obligé d’intervenir lorsque je prenais une douche de plus de cinq minutes.

 

Je me suis alors mise à fantasmer sur ce programme AMORT. Je le voyais comme LA solution ultime pour délivrer les personnes dans ma situation. Les personnes coincées dans une relation toxique sans échappatoire.

Car dans le programme AMORT, il n’y a plus de place pour les faux semblants, les mensonges, les harcèlements… La mise à nue est totale et profonde. Un peu rude, certes, mais incisive et durable.

 

 

Je tenais à écrire sous trois points de vue différents pour aborder les problèmes de couples les plus fréquents :

 

Le couple Marc/Aurore est très courant : leurs problèmes les ont rapprochés, mais ils ont pris des chemins différents au fil des années. Leur incompatibilité s’est creusée. Ajouté à cela un profond manque de communication et des soucis financiers, et on débouche sur une impasse. Impossible de divorcer. Impossible de continuer à vivre ensemble. Marc se voit obligé d’accepter leur candidature au programme AMORT, non sans ronger son frein.

 

 

Le couple Judith/Laurent est sans doute celui qui touche le plus les lecteurs. Judith est sous emprise, oui, mais j’ai pris soin de m’éloigner un maximum de ma propre histoire. Il y a plusieurs types de manipulateurs (ou pervers narcissiques, dans le langage courant à la mode). Je me suis inspirée de diverses observations pour le personnage de Laurent. Un être froid qui fait régner la terreur au sein de sa famille.

Je tenais à ce que les lecteurs dans la situation de Judith se sentent moins seuls. Et qu’ils apprennent qu’ils n’ont pas besoin du programme AMORT pour s’en sortir. L’histoire soulève des questions qui apportent des solutions concrètes pour tout un chacun.

Le plus difficile, c’est la première prise de conscience. Réaliser que nous sommes sous emprise. La deuxième, c’est de prendre le courage de fuir. Quitte à tout perdre et avoir le mauvais rôle. C’est souvent le prix de la liberté. Et elle en vaut la peine, croyez-moi !

Judith s’évertue à vivre dans un sinistre déni. Mais sa fille aînée, Eve Laffront, qui n’est autre que la créatrice du programme AMORT, ne le voit pas sous cet œil.

 

 

Le couple Elsa/Benoît est tout aussi répandu. Un jeune couple dit « cottonelle », basé sur la passion, le désir, l’osmose la plus parfaite qui, une fois confronté au quotidien et aux responsabilités qu’impose la vie, se retrouve en déséquilibre. Mais Elsa et Benoît s’aiment tellement que ce dernier est confiant. Ils vont sortir victorieux de ce programme sans se fouler, même si Elsa est totalement réfractaire. Ils ont besoin d’argent et ils veulent accompagner Judith pour ne pas la laisser entre les griffes de Laurent.

 

 

Entre toutes ces prises de conscience, ces complots, ces interactions, le programme AMORT apporte son lot de surprises aux 3 narrateurs, mais aussi aux lecteurs.

 

L’idée d’AMORT m’est venue pendant une sombre période sous emprise, certes, mais je l’ai rédigée en 2016, bien après mon divorce. Ma démarche est ambitieuse.

Beaucoup de thèmes sont traités, comme l’anorexie, le handicap, l’homophobie, la violence intra familiale, les blocages, l’amour impossible, les secrets, l’infidélité, la dépendance, les problèmes financiers, pour démontrer à quel point les impasses ne sont qu’illusion.

 

Qu’importe la taille, l’aspect ou la localisation d’un tunnel, il y a toujours plusieurs issues et de la lumière au bout.

Telle est la conclusion de mon expérience de vie que je croque désormais à pleine dents !

 

Voilà voilà pour la « petite » histoire !

PS : Le tome 2 arrive tout bientôt…

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