Chronique AMORT – Les Officiels – Every Trick In The Books

Cette chronique a été réalisée par les soins de deux incroyables écrivains et lectrices : Romane et Roxane ! <3
AMORT a marqué le début d’une belle et solide amitié entre nous. C’est la raison pour laquelle cette chronique a une résonance toute particulière à mon coeur. Tous ces mots ne tarissant pas d’éloges, ces photos réalisées avec minutie, ces références et clins d’œil… Ma reconnaissance dépasse l’entendement !

Encore un immense MERCI à elles ! <3 <3 <3

Pour découvrir cette chronique directement sur leur blog, c’est ici : https://everytrickinthebooks0.blogspot.com/2019/01/amort-les-officiels-by-marie-faucheux.html

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AMORT, LES OFFICIELS

Il n’y a pas de bug dans la matrice

C’est avec un plaisir certain que je vais aujourd’hui faire un petit arrêt sur image sur « AMORT, Les Officiels », paru à la fin juin 2018 😄

AMORT, Les Officiels (AMORT) est un roman à titre unique (pour l’instant 😉), issu de Les éditions Sydney Laurent (de juin 2018 à octobre 2019) – après une première aventure en 2017 dans le domaine de l’autoédition –, et écrit par Marie Faucheux. C’est une longue histoire que celle qui me lie à ce récit et c’est peu de le dire ! 😃 J’ai croisé la route de cet ouvrage à une époque où il faisait ses premiers pas sur la plateforme littéraire Wattpad, au moment même où je débutais tout juste sur ce site communautaire. Alors que j’approche à présent de mon deuxième anniversaire sur celui-ci, cela me fait tout drôle d’avoir enfin pu tourner matériellement les pages (fort nombreuses) de ce roman, et de le dévorer à nouveau après tout ce temps 🤗

Lorsque l’on se retrouve confronté à un récit d’une telle qualité et qu’il devient nécessaire de le partager au plus grand nombre pour susciter l’envie de le faire lire, le plus difficile reste encore de demeurer suffisamment vague pour ne rien dévoiler, tout en trouvant les mots justes pour mettre le doigt sur ce qui a su nous impacter si fortement au cours de notre lecture. Je me soumets cependant à l’exercice avec joie, car il y a bien des choses à dire sur le sujet et je vais tâcher de n’en omettre aucune 😉

Tout d’abord, si je devais vous présenter le synopsis sans trop vous en révéler, je le ferais en ces termes : 
À l’ère du Nouvel An 2020, la toute nouvelle émission de télé-réalité « AMORT », exploitant les frontières d’une réalité virtuelle comme vous n’en avez jamais connue, fait son apparition sur la petite chaîne de télévision indépendante « AVé ». Au cœur de ce programme d’une grande innovation technologique, trois couples en situation de crise seront amenés à évoluer sous les yeux de millions de téléspectateurs, et invités à mettre leurs discordes de côté pour remporter la « grande victoire » et la modique somme de dix millions d’euros. Cela, bien évidemment, c’est sans compter sur la production de ce jeu hors-normes, qui va donner le meilleur d’elle-même et de sa créativité pour rendre la tâche plus que difficile à ses candidats, mais aussi afin de satisfaire les exigences d’un audimat à la recherche de sensations fortes…😏

Rentrons donc dans le vif du sujet, à présent. La toile de fond de ce récit reste avant tout, et fort logiquement au vu des sujets traités, ses personnages. L’histoire se veut suivie selon une multiplicité de points de vue et inaugurée par celui d’Eve Laffront. Eve, la première femme, cela a le mérite d’illustrer une certaine forme de symbolisme, que je suis peut-être la seule à voir 🤷‍♀️😅 Laffront, cela suit cette fois une logique implacable, quand on connaît la jeune femme un peu plus en profondeur et que l’on sait avec quelle aisance elle manie l’art de l’affront, mais aussi celui de l’affrontement et de l’effronterie. Eve, qui se lève (comme le lui suggère sa sonnerie) et s’élève dans le monde de l’audiovisuel, manipulant son petit monde comme personne – mais toujours en toute bienveillance. Ou presque 😏

Vient ensuite le trio de choc, Marc, Judith et Elsa. Marc, connaissant quelques petits « tracas » de santé et autres en tous genres, piégé au sein d’un mariage auquel il aimerait mettre un terme mais n’en ayant pas le pouvoir, faute de moyens. Judith, femme au foyer soumise à un mari tyrannique et narcissique, et qui voit sa vie lui filer entre les doigts, eu égard à la faiblesse derrière laquelle elle s’est toujours retranchée pour protéger ses deux filles, et le peu de tranquillité que la vie lui a octroyée. Elsa, enfin, incapable de garder le contrôle sur ses émotions et mariée à un homme qui refuse de grandir (et entretient une fâcheuse incapacité à garder ses vêtements sur lui 😂), mais avec lequel elle forme pour autant un couple heureux, en dépit du manque de moyens financiers qui complique leur quotidien.

L’un des nombreux tours de force de l’auteure est celui d’avoir su imposer une différenciation de langage et de psychologie entre ces trois piliers de l’histoire, sans pour autant recourir à la facilité. On ne tombe pas dans le piège des trois langages différents à l’extrême, du style : soutenu, courant et familier. Non, chaque personnage est nuancé, possède ses propres qualités de réflexion et mène sa vie réellement en conséquence de ce qu’il est et de ses caractéristiques, à savoir, sexe, âge, caractère et autres éléments du même acabit.

C’est par ailleurs un formidable et extraordinaire métier à tisser de la psychologie et du psychisme que nous livre ici l’écrivaine derrière ses mots, en mettant en lumière les divers problèmes qui peuvent s’immiscer dans la vie d’un couple, mais aussi à titre personnel, dans la quête éternelle du « soi véritable ». La situation initiale s’étale volontairement sur la durée conséquente que représente la première partie d’ « AMORT, Les Officiels » à cet effet, pour pleinement mettre en place la dimension émotionnelle et réflexive du récit, sans jamais avoir à bâcler le sujet – et cela n’en reste pas moins suffisamment passionnant pour ne pas lasser le lecteur ☝

C’est aussi grâce à cette immersion profonde dans le quotidien de chacun – et j’entends par-là, pas seulement celui des personnages principaux – que nous apprenons à découvrir leurs multiples facettes, et apprécier même les pires d’entre elles – à une ou deux exceptions de taille. Leur dualité mise au service de leur humanité ne met que davantage en exergue les personnages qui en sont, eux, totalement dépourvus, et l’on assiste d’ailleurs tout au long de cette incroyable aventure à un focus sur la catégorie particulière que représente celle des pervers narcissiques. 

Ainsi nous est dépeint le portrait d’un homme en particulier qui n’a aucune considération pour le reste de l’humanité, en dehors de sa propre personne. Assisté de la vie, despotique et violent – principalement dans le domaine psychologique puisque c’est d’ailleurs là tout le sujet –, pourvu d’un masque mensonger en public et ne supportant pas la remise en question. Réduisant à néant l’estime de soi de l’être « aimé » et le réduisant à un état de faiblesse permanent par cette manie perpétuelle – et motivée avant tout par une écœurante jalousie – de le priver de tout contact, se voulant par-là même centre de son univers. Faisant naître le doute au moment critique où l’autre émet l’envie de se libérer de son emprise, pour mieux le lui faire regretter par la suite… C’est assurément une liste de défauts longue comme un jour sans fin qui caractérisent donc ce genre d’individu, sur lequel est faite la lumière dans cet ouvrage.

Au-delà du domaine psychique, c’est du domaine technologique dont j’aimerais parler à présent. Lequel d’entre nous la réalité virtuelle n’a-t-elle jamais fait rêver ? Combien d’œuvres de fiction se sont penchés sur ses possibilités illimitées, mais encore, les frontières de celle-ci ? Au-delà du caisson de simulation destiné à garder les corps en parfaite santé – qui nous rappellera par ailleurs les équipements spatiaux tels que ceux du Nostromo dans Alien, ou encore de l’Avalon dans Passengers –, c’est la dimension virtuelle qui donnera matière au plus grand nombre de références : Ready Player One, Brainscan, Total Recall… L’idée est pourtant bien ici d’effacer les frontières de la réalité et si vous pensiez avoir tout vu dans Matrix, Assassin’s Creed ou encore Inception, vous n’êtes définitivement pas préparés à ce qui vous attend à chaque tournant des locaux d’AVé, et derrière chaque ligne de code du programme AMORT.

Que pourrait-on demander de plus, si ce n’est « Panem et circenses », du pain et des jeux ? Si le principe de l’émission pourrait vous pousser à avoir une pensée pour les célèbres Hunger Games, c’est quant à moi une petite pensée pour Les Âmes Vagabondes qui m’a traversée à la lecture de ce récit. Des entités qui entrent dans des corps qui ne leur appartiennent pas, tandis que la suspicion permanente règne au sein du royaume de l’identité, et tout cela pour mieux apprendre à découvrir et aimer la beauté de l’âme au-delà de l’apparence… Cela n’a pu que satisfaire mon âme de lectrice en quête permanente de surprise et de jeux de rôles de qualité.

C’est d’ailleurs l’une des réussites les plus abouties de l’auteure que de parvenir à toucher à la fois le monde de la lecture, de l’audiovisuel, et du gaming à la fois. La pluralité des genres touchés trouvera nécessairement un écho, voire plusieurs, chez les lecteurs qui se perdront au fil des pages de ce roman. Et je n’utilise pas les mots « se perdre » au hasard. C’est une véritable « reality-ception » que vous allez vivre à vos dépends. La dernière partie du résumé se tient en ces termes : « Personne ne sera préparé à cette aventure hors du commun. Pas même vous… » Et je peux vous assurer que c’est encore très loin de la vérité ! 😉

Il me semble ne pas avoir abordé le dixième de la matière que l’intégralité du roman nous fournit en finalité, et qui aurait mérité de s’appesantir plus avant dessus, mais eu égard à mon refus de vous spoiler le moindre événement de cette intrigue, je m’en tiendrai là sur le fond. Comme déjà mentionné, la forme est conséquente – 651 pages bien remplies et fournies, qui parviendront toutefois à vous laisser sur votre faim, car j’en suis persuadée, vous en redemanderez. Le style est concis, accessible, fluide, cohérent et recherché. L’originalité est, vous l’aurez compris, largement au rendez-vous. En somme, je ne peux que vous conseiller de foncer ! 😉

Une petite pensée enfin pour les W&W’s, qui resteront source d’un moment d’anthologie à mes yeux😏 Et ultime petite référence au film Tango & Cash, que l’auteure m’avait confié ne jamais avoir vu, mais qui se présentera automatiquement à l’esprit des connaisseurs de ce classique de Sylvester Stallone et Kurt Russell, entre l’épisode de la grenade et celui du déguisement… un peu particulier. Si vous aimez rire, vous n’allez pas être déçus, croyez-moi ! 👌

Bravo à toi Marie Faucheux pour ce premier roman et sache que je suis sincèrement impatiente de découvrir le tome 2 qui se profile à l’horizon. On dit avant 2020 ?😉  #nopression 😂

Et si tu me permets cet emprunt… 😏

Toute l’équipe d’AMORT vous souhaite la plus agréable des lectures 😉

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Le petit mot de la fin 🖋

Ce retour sur « AMORT, Les Officiels » n’est que le fruit d’une appréciation générale de la lectrice perdue au milieu d’une foule de tant d’autres que je suis. Les remarques, positives comme négatives, qui y sont établies ne sont que le reflet de mon avis personnel sur la question et ne sauraient s’autoproclamer références en la matière ☝

N’hésitez donc jamais à ouvrir vous-mêmes ce livre pour vous en faire votre propre avis et si je ne pouvais vous donner qu’un conseil, terminez-le quoi qu’il en soit, afin d’avoir toutes les cartes en mains pour vous prononcer sur la qualité de celui-ci dans son intégralité 😉

N’oublions jamais qu’un roman dont la lecture ne nous prend que quelques heures représente en réalité des mois de travail acharné de la part de l’auteur, qui a mis une importante part de lui dedans et qui a pris le risque d’exposer son bébé au reste du monde 💚

Every Trick In The Books

Première parution de cet article : 27 octobre 2018

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